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Yacouba Sylla: “Je vais tout retenir de ces années à Aston Villa”

Arrivée en provenance de L’Angleterre, la nouvelle recrue de Rennes, Yacouba Sylla donne une interview exclusive à Get French Football News.

Quel souvenir garderas-tu de tes années en Premiere League ? 

Je vais tout retenir de ces années à Aston Villa. Qui aurait dit qu’après deux années en Ligue 2, j’aurais atterrit dans un club de Premiere League, le meilleur championnat du monde, et tout cela en enchaînant les matches dès la première saison ? J’ai contribué au maintien du club. J’ai beaucoup appris au niveau de la maturité et du professionnalisme en Angleterre.

Dès que je suis arrivé, contrairement à ce que j’ai pu voir dans les autres championnats, les supporters m’ont tout de suite écrit un chant. Ça m’a touché et surpris d’être accueilli comme ça. Je remercie vraiment les fans ainsi que Benteke, N’Zogbia et McClelland.

 

En rejoignant le championnat turc, qu’est-ce tu laissais derrière toi ?

Avec le recul, en allant au Kayseri Erciyesspor, je savais que je faisais automatiquement une croix sur Aston Villa. Je ne l’ai pas tout de suite réalisé mais quelques temps plus tard j’ai compris que Villa et moi, c’était terminé. Je ne regrette rien car le fait de passer en Turquie m’a permis de voir beaucoup de choses, et surtout de corriger certaines lacunes. Cette année, j’ai fait la Coupe d’Afrique, ça m’a permis aussi de prendre du temps de jeu et de l’expérience.

 

Tu as tout de même joué 27 matches en Turquie. Comment est-ce que tu expliques qu’Aston Villa n’a pas été convaincu de te conserver ?

Je n’ai pas la réponse ! Personnellement, je prends tout ce qu’on me donne. Aujourd’hui, on n’a rien par hasard. Dans une trajectoire de carrière, il y a toujours un part de chance. Si je me suis retrouvé au Kayseri Erciyesspor, c’est peut-être aussi parce que j’ai fait les choses précipitamment en pensant que c’était un bien pour moi. Avec le recul, on se rend compte que le choix que j’ai fait est discutable. J’aurais pu avoir d’autres opportunités en attendant mais je ne me pose plus la question aujourd’hui, je suis au Stade Rennais pour quatre ans donc je ne me casse plus la tête avec tout ça.

 

Quand tu rentre de Turquie, tu as au moins rencontré Tim Sherwood (manager d’Aston Villa, NDLR) pour discuter de ton avenir ?

Je vais être franc : je n’ai eu aucune nouvelle d’eux. En rentrant, j’ai senti que je ne faisais pas partie des plans du coach. Je n’ai pas eu l’opportunité d’avoir une discussion sur mon avenir au sein du club avec lui. Je savais qu’en allant en Turquie, il faillait que je me projette sur un autre projet. Je suis heureux d’être à Rennes, le projet me convient amplement et je suis là avec une grosse détermination.

 

Aston Villa t’a donné ta chance selon toi ?

Dès la première saison, j’ai joué quasiment tous les matches. Je ne vais pas dire que c’est grâce à moi mais le club s’est ensuite stabilisé en Premiere League. J’ai peut-être contribué à quelque chose au niveau de mon apport. On m’a donné ma chance, j’ai joué mais ils n’ont pas été patients. On sait comment ça se passe dans les grands clubs mais je n’ai aucun remords et je n’en veux pas à qui que ce soit. Je remercie le club de Villa pour m’avoir fait découvrir le haut-niveau, j’ai appris beaucoup de choses qui m’ont fait passer un palier et que je vais pouvoir mettre en pratique ici à Rennes en donnant le meilleur de moi même pour que club atteigne ses objectifs.

 

Quand tu réalises que tu es sur le départ, ta priorité est de rentrer en France ?

Suite à ma saison en Turquie, j’avais des offres de clubs turcs. C’était dans le genre destination exotique et ça ne m’intéressait pas. Revenir en France, pour moi c’était une priorité pour me stabiliser, pouvoir travailler dans de bonnes conditions, continuer ma progression et m’inscrire dans un projet à long-terme. C’est ce que m’offre le Stade Rennais et je n’ai pas réfléchi longtemps car leur projet est clair et je l’ai entendu de la bonne oreille. C’est un club très stable avec une belle histoire.

 

Comment s’est fait ton transfert à Rennes ?

J’ai eu monsieur Montanier et le directeur sportif au téléphone, leur discours a été clair et ça m’a permis de prendre confiance en moi et d’atterrir au Stade Rennais. J’ai été convaincu par le discours et on va dire que c’est ce que je recherchais comme projet. C’est un club stable et ambitieux avec des grosses structures. Le fait qu’ils m’aient contacté pour m’exposer les arguments du club, ça a beaucoup compté et j’ai dit oui pour les quatre prochaines saisons. Quand l’entraîneur t’appelle personnellement pour te dire qu’il aimerait que tu sois dans son groupe, c’est quelque chose de très important.

 

Tu penses débarquer à Rennes avec un statut de remplaçant ou plutôt de titulaire ?

Aujourd’hui, quand tu arrives dans un club, c’est pour prouver aux gens que tu as les qualités pour pouvoir jouer. Moi je travaille du mieux que je peux, je donnerai le meilleur de moi-même, après on verra, le coach fera ses choix. Je reste à disposition de l’équipe. Je ne suis jamais arrivé dans un club en me disant que je serais soit remplaçant, soit titulaire. Certains arrivent avec cette mentalité en se disant qu’ils sont des superstars donc qu’ils seront titulaires et finissent sur le banc car ils n’ont pas donné satisfaction. La vérité se passe sur le terrain et je ne m’inquiète pas pour ça.

 

Tu comptes pour l’instant deux titularisations, contre Laval et Brest, et tu es rentré en défense centrale face au Havre. Quelles ont été tes sensations avec ta nouvelle équipe ?

Mes premières se sont bien passées, mes coéquipiers ont été très accueillants, l’entraîneur et le staff technique m’ont bien encadré. Je me sens bien intégré, c’est le principal.

C’est évidemment assez spécial de retrouver le championnat français car on sait qu’il est très organisé au niveau tactique. Il faut aujourd’hui que je m’acclimate de nouveau lors des matches amicaux parce que dans le jeu, le fait de revenir en Ligue 1 après être passé en Turquie va me permettre de réellement progresser. Je dois reprendre de bons réflexes et ça se travaille tous les jours à l’entraînement.

 

Dans quels compartiments du jeu ?

Je ne te le dirais pas ! (Rires) Non, c’est plutôt au niveau de la concentration car le championnat turc est beaucoup moins exigeant que la Ligue 1. Au niveau de beaucoup de choses, il faudra que je sois concentré à 200% tout le temps, que j’assure tout ce que je fais et de jouer relâcher aussi car au niveau psychologique, on ne peut pas comparer les deux championnats. C’est normal de devoir se remettre dans le bain et la préparation c’est la bonne période pour.

 

Qu’est-ce que tu penses de la concurrence à ton poste au Stade Rennais ?

Il y a des très bons joueurs et c’est ce qui va me permettre de progresser. Il y a de la qualité à tous les postes et un bon projet de tactique basé sur le jeu avec monsieur Montanier. Je le sens, ça va être une très bonne saison.

 

Qu’est-ce qui t’attend dans les prochains mois : une concurrence acharnée où tu devras t’imposer ou plutôt l’opportunité de te montrer pour rebondir ?

On ne sait pas ce que le foot nous réserve. Personnellement, aujourd’hui je me suis instauré dans un projet de quatre ans, ce n’est pas pour parler de « rebondir » maintenant. Je suis dans un club qui propose de très bonnes conditions de travail. Je vais essayer d’être le plus compétitif possible et ce seront mes performances qui feront de moi quelqu’un. Je n’ai encore rien démontré et j’ai tout à prouver. J’ai des qualités, je ne pense pas avoir joué en Premiere League par hasard. Les gens oublient un peu vite que ce n’est pas donné à tout le monde et ça j’en suis conscient et il faudra que je le prouve. Je vais essayer de me surpasser pour grandir au sein de ce club.

 

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